La parabole du grand repas (Luc 14)

16 [...] Un homme donna un grand repas et invita beaucoup de gens. 17 A l'heure du repas, il envoya son esclave dire aux invités:

"Venez, c'est déjà prêt!"

18 Mais tous, comme un seul homme, se mirent à s'excuser.

Le premier lui dit:

"J'ai acheté un champ et je suis contraint d'aller le voir - je t'en prie, tiens-moi pour excusé!"

L'avoir - nos possessions, terrestres, morales ou spirituelles - peut nous empêcher d'entrer dans le Royaume...

19 Un autre dit:

"J'ai acheté cinq paires de boeufs, et je vais les tester - je t'en prie, tiens-moi pour excusé!"

Le "faire", par nos propres forces - en actes, en pensée ou en paroles - peut nous empêcher d'entrer dans le Royaume...

20 Un autre dit:

"Je viens de me marier: je ne peux pas venir!"

Les relations (l'être) - appartenance à un groupe (famille), sentiments ou spiritualité - appartenances qui ne sont qu'une apparence d'être - peuvent nous empêcher d'entrer dans le Royaume...

21 L'esclave, de retour, rapporta tout cela à son maître.
Alors le maître de maison, en colère, dit à son esclave:

"Va vite dans les grandes rues de la ville, comme dans les petites, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les infirmes".

Ces 4 catégories de personnes ne misent pas sur l'avoir, le faire ou l'apparence d'être...

Ce sont ceux qui se sentent pauvres, estropiés, aveugles ou infirmes (physiquement, moralement ou spirituellement) dans ce monde - laissés pour compte, blessés par la vie, lui cherchant un sens, bloqués.

22 L'esclave dit:

"Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place!"

23 Le maître dit alors à l'esclave:

"Va par les chemins et le long des haies, contrains (convaincs, persuade) les gens à entrer, afin que ma maison soit remplie.

Ce sont des gens en chemin (non sédentaires), errants, borderline (le long des haies), qui ont besoin d'être éclairés, conduits vers le Royaume.

24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera mon dîner".

Ceux qui misent sur leur vieille nature, nourrissent leur vieille nature, vivent de leur vieille nature, ne peuvent goûter au Royaume - ils on peut-être l'illusion d'y goûter, mais ce n'est qu'une illusion.

Le texte dans son substrat originel

Doit-on traduire le texte de la Bible en gardant sa rugosité d'origine, ou est-il préférable de l'orienter dans un sens conforme à la mentalité des personnes à qui est destinée cette traduction ?

Prenons par exemple le chapitre 1 de l'évangile de Marc :
Presque tous les versets commencent par "et", comme si le narrateur était enthousiaste - presque essoufflé - de raconter son témoignage : n'est-ce pas plus réel, plus vivant ?

Lorsque Jésus parle, c'est au présent : Il nous parle encore aujourd'hui, dans l'éternel présent de Dieu.

Les mots sont forts, rudes parfois : ce sont les personnes de caractère qui s'emparent du Royaume, pas les hésitants.

Lorsqu'on traduit les mots non pas en patois de Canaan, mais en leur donnant leur vrai sens, le texte devient beaucoup plus clair, plus réel, et plus spirituel aussi...