Lisons la Bible

Lisons la Bible. Lisons-la avec passion, avec gourmandise, non pour la savoir à la lettre, mais pour nous laisser imprégner de sa puissance subversive. Les textes bibliques sont d'incessantes polémiques contre l'ordre établi, contre l'esprit d'orthodoxie qui assigne les personnes à des identités atrophiées, contre ceux qui pensent savoir l'alpha et l'oméga de Dieu, de la vie, de l'avenir. Les prophètes n'ont pas de verset biblique à la bouche quand ils se lèvent contre l'injustice, quand ils défendent les plus fragiles, quand ils relativisent la prétention des religieux à maîtriser le destin.

Les prophètes ont cette puissance subversive chevillée au corps qui leur permet de reconnaître les situations qui nécessitent une parole, un geste, une réaction. La parole de Dieu qu'ils voient et qui leur tient lieu de vocation, c'est le monde qu'ils ont sous les yeux et qui entre en résonance avec les récits des anciens qui s'interrogeaient déjà sur ce qu'est une vie bonne. L'oracle divin qu'ils délivrent au roi, au peuple, c'est leur propre parole passée par ce feu qu'est l'appel à se tenir debout, sur la terre des hommes, la faim au ventre, quand tant de personnes préfèrent se tenir à genoux et picorer sagement. Lisons la Bible non comme on consomme une soupe tiède, non comme on lit un manuel pour trouver les trucs qui nous rendront la vie plus facile, mais comme une source d'inspiration, comme un grand poème qui caresse notre existence et provoque ce genre de frisson qui précède les plus beaux engagements. Lisons la Bible comme un recueil de paroles qui provoquent notre conscience, notre raison, qui suscitent notre foi, qui transcendent nos espoirs, qui renouvellent notre vision des choses et le regard que nous portons sur nos contemporains.

James Woody

Méditons les Écritures

  • les raisins ne produiront du vin que si nous les foulons
  • les olives doivent passer sous la meule et être consciencieusement concassées pour que nous puissions en extraire l'huile
  • dans un plat de noix, nous pouvons reconnaître celles qui ont été pénétrées par un ver au petit trou qu'il a percé dans la coquille – rien qu'un trou minuscule – et à l'intérieur se trouve le petit être qui mange l'amande jusqu'à la dernière miette
Eh bien, en ce qui concerne la Bible, ne nous est-il pas avantageux de percer la carapace de la lettre, et de vivre à l'intérieur, en nous nourrissant de l'amande ?

Soyons un petit ver de cette espèce qui, ayant réussi à perforer son chemin à travers la coquille, et ayant atteint les mystères les plus profonds de la Bonne Nouvelle, vit dans et de la Parole écrite de Dieu.

La Parole écrite de Dieu nous sera précieuse dans la mesure où nous nous en nourrirons.

(Charles Spurgeon, Comment lire la Bible)

L'apostasie

Note: apostasie est dans le texte biblique original le même mot que divorce. Les apostats sont donc ceux qui ont divorcé de Dieu.

Considérez le terrain spirituel qui se perd quand on abandonne l'autorité des textes bibliques. Si les Écritures ne nous parlent pas avec autorité, l'offre de la justification par la grâce au moyen de la foi se dilue et se perd. Et on ne peut pas invoquer la toute-suffisance du sacrifice de Christ pour effacer les péchés ou encore son règne en tant que tête de l'Église. On ne peut pas se reposer sur la vérité de la croix: "Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu" (2 Corinthiens 5:21). Sans ces vérités, nous n'avons aucune garantie que l'attente de Dieu a été satisfaite. Aussi ne peut-il y avoir aucune assurance de la foi, aucune espérance du ciel et aucune confiance dans les promesses de Dieu.

D'autre part, abandonner l'autorité des Écritures, ou l'assujettir simplement à l'autorité des hommes, ouvre délibérément tout grand la voie aux pseudo-enseignants qui s'infiltrent parmi le peuple de Dieu. En élevant les paroles des hommes faillibles au-dessus de la parole écrite de Dieu, on ouvre la porte à la confusion. Cela pollue la pureté de la vérité divine, obscurcissant l'enseignement biblique par la superstition, la tradition, des révélations extra-bibliques et la tromperie.

La Bible devrait être la seule autorité

La descente vers l'apostasie ne se fait pas du jour au lendemain - les changements sont lents et constants. Le premier pas est le rejet de l'autorité et de la priorité des Écritures, habituellement suivi par une succession de compromis. Lorsqu'une Église se fixe comme but de s'intégrer et d'attirer la culture populaire au lieu d'édifier et d'équiper les saints, elle s'engage sur un chemin qui la conduira toujours plus vers l'apostasie.

Ce modèle d'approche non biblique est précisément la cause qui empêche de gagner le monde au moyen de la bonne nouvelle. Remplir les bancs de non-croyants qui se sentent bien à l'aise et non touchés par la bonne nouvelle est la façon la plus rapide de semer la confusion et de corrompre le travail de l'Église. Dieu n'a pas appelé son peuple hors du monde pour qu'il se mette à rechercher ses tendances dans une vaine tentative de paraître pertinent. L'Église ne peut être le sel et la lumière de ce monde si nous ne sommes pas différents des gens qui y vivent (cf. Matthieu 5:13-16).

Beaucoup de chants dans l'Église d'aujourd'hui ne sont rien d'autre que la célébration de la chair

C'est de l'exercice émotionnel. Si vous commencez à ressentir la présence de Dieu pendant les moments les plus exaltants musicalement, lorsque le rythme s'accroît et que la musique est si glorieuse... et que vous ne percevez la présence de Dieu qu'à ce moment-là... alors ce n'est pas la présence de Dieu que vous ressentez. Ce sont des émotions. Certaines personnes, parmi les plus saintes, s'assoient et adorent, sans musique. Ce n'est pas la seule façon d'adorer, bien entendu, mais le fait est qu'elles n'ont pas de musique. Ce sont certaines des personnes craignant le plus Dieu, qui comprennent profondément ce qu'est l'adoration. Et si elles venaient dans une assemblée émotionnelle, elles sortiraient de là en disant "ces gens sont tous morts!" Parce qu'ils ont une idée erronée de la vraie présence de Christ. Ils ont besoin de chants qui transportent, qui soulèvent les émotions. Il n'y a pas forcément de mal à ça, mais il est nécessaire d'être très prudents.

"C'est écrit dans la Bible!", ou quand l'interprétation surpasse les Écritures

L'interprétation des Écritures influence notre quotidien et nos relations. En ferons-nous une parole de vie ou une parole de mort ? Cette phrase "c'est écrit dans la Bible!" a été utilisée des milliers de fois pour justifier tant de dérives...! Le Diable lui-même, utilise les Écritures pour faire chuter Jésus! Comment interprétons-nous la Bible ? Jésus va pointer cela face à de grands spécialistes de la loi et des Écritures. Les fameux Pharisiens.

Quand l'interprétation des Écritures fait force de loi

On se trouve dans la synagogue. Un homme est là, la main paralysée. Et la question que pose Jésus est: est-ce que je suis votre loi et je laisse l'homme dans son mal, ou est-ce que je transgresse votre loi et je lui procure du bon ? (Marc 3:4) À la fin de cette histoire, les Pharisiens tiennent conseil pour faire mourir Jésus. Voilà à quoi mène leur interprétation... Interprétation qui se place finalement au-dessus des Écritures! Parce que le jour du sabbat, on ne doit pas agir ainsi, selon l'interprétation des Pharisiens.

La Bible, une trousse de premiers secours

"C'est écrit dans la Bible"... Mais que fait-on de ces Écritures ? Sont-elles là pour apporter la paix, l'amour, la dignité, l'accueil, la guérison ? Ou utilisons-nous ces textes pour justifier notre haine, le racisme, la ségrégation, la mort ? La Bible n'est pas une arme pour détruire la vie des gens. Elle est la trousse des premiers soins à appliquer aux blessés de la vie. Le Dieu de la Bible est un Dieu qui aime inconditionnellement, et c'est en cela que Jésus est sauveur! Il est venu pour dire que l'Écriture est porteuse d'une Parole de vie et non de mort.

La croix du Christ, un feu ardent pour ta vie!

Paul a écrit la lettre aux Colossiens pour replacer la personne de Christ et l'oeuvre du salut qu'il a accomplie à la croix au centre de toutes choses. En Colossiens 3:23, nous pouvons lire: "Tout ce que vous faites, faites-le de tout votre coeur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes". Paul leur demande de placer Christ seul au centre de leur vie, de leurs préoccupations et activités. Ni plus ni moins. Il avait lui-même pleinement expérimenté la puissance de la croix, lui le persécuteur, le meurtrier, mais au final nous ne valons pas mieux que lui. Nous sommes tout autant meurtriers, pécheurs et perdus devant Dieu. Les propos adressés aux Colossiens, nous pouvons nous les approprier et ces questions trouvent écho en nous: Qu'est-ce que tu places au centre de ta vie ? Sur qui ou quoi fixes-tu ton regard ? Qu'est-ce qui remplit ton coeur et le fait battre ? Mets la croix de Jésus au centre de ta vie! Que le feu de la croix puisse embraser ta vie!

D'après plusieurs sources

Le texte dans son substrat originel

Doit-on traduire le texte de la Bible en gardant sa rugosité d'origine, ou est-il préférable de l'orienter dans un sens conforme à la mentalité des personnes à qui est destinée cette traduction ?

Prenons par exemple le chapitre 1 de l'évangile de Marc :
Presque tous les versets commencent par "et", comme si le narrateur était enthousiaste - presque essoufflé - de raconter son témoignage : n'est-ce pas plus réel, plus vivant ?

Lorsque Jésus parle, c'est au présent : Il nous parle encore aujourd'hui, dans l'éternel présent de Dieu.

Les mots sont forts, rudes parfois : ce sont les personnes de caractère qui s'emparent du Royaume, pas les hésitants.

Lorsqu'on traduit les mots non pas en patois de Canaan, mais en leur donnant leur vrai sens, le texte devient beaucoup plus clair, plus réel, et plus spirituel aussi...