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L'esclavage (AT) ou la liberté (NT)

Personne ne peut nier le fait qu'il existe deux sortes d'expérience chrétienne, l'une étant l'expérience de l'esclavage, l'autre l'expérience de la liberté.

Dans le premier cas, l'âme est dirigée par un rigoureux sens du devoir et obéit à la Loi de Dieu, soit par peur du châtiment, soit parce qu'elle s'attend à une récompense. Dans le second cas, la puissance qui dirige est un principe de vie intérieure qui met en œuvre, par la force de ses propres mouvements ou instincts, la volonté du divin Donateur de vie, sans aucune crainte du châtiment ou espoir de récompense. Dans le premier cas, le chrétien est un serviteur et travaille pour un salaire. Dans le second, c'est un fils qui travaille par amour.

Il est vrai qu'il ne devrait pas y avoir de contraste entre les expériences respectives des chrétiens, car "marcher en pleine liberté" est évidemment leur seule condition normale et juste. Mais puisque nous parlons ici de ce qui est plutôt que de ce qui devrait être, nous ne pouvons fermer les yeux devant la triste condition d'esclave que connaissent tant de chrétiens, et ce, pendant la majeure partie de leur vie chrétienne. Il n'est pas difficile d'en déceler la raison ni d'en trouver le remède. La raison c'est le légalisme et le remède, c'est Christ.

Aucun livre ne nous parle d'une manière plus détaillée et plus claire de ces deux formes ou étapes de la vie chrétienne que l'épître aux Galates. Elle fut composée parce que certains frères Juifs étaient venus dans les assemblées de Galatie, enseignant que certaines formes ou cérémonies étaient nécessaires pour obtenir le salut. Ils avaient ainsi essayé d'éloigner les Galates de la liberté qu'apporte l'Evangile. Pierre s'était même laissé aller jusqu'à se joindre à ces docteurs. C'est pourquoi Paul eut des reproches à faire, non seulement aux Galates mais également à Pierre.

Ni Pierre ni les Galates n'étaient coupables de quelque péché d'ordre moral. Le péché qu'ils avaient commis était d'ordre spirituel. Ils avaient adopté une mauvaise attitude envers Dieu, une attitude purement légaliste. A l'instar d'un certain nombre de chrétiens, ils avaient bien "commencé dans l'Esprit", ils cherchaient maintenant à "se perfectionner dans la chair". En résumé, ils étaient descendus dans leur vie chrétienne, du niveau de la Vie au niveau de la Loi.

Pour mieux comprendre ceci, nous nous servirons d'une illustration. Imaginons deux hommes, dont aucun n'est un voleur. En apparence, leurs actions sont aussi honnêtes, mais il existe entre eux une différence fondamentale. L'un des deux a une nature malhonnête qui veut se livrer au vol, mais en est retenue par peur du châtiment. L'autre possède une nature honnête qui hait le vol et ne se livrerait pas à ce mal, même avec l'espoir d'une récompense. L'un est honnête dans l'esprit, l'autre n'est honnête que dans la chair. Il est inutile de dire à quelle nature doit ressembler la vie chrétienne.

Cependant nous sommes continuellement tentés d'oublier que l'important n'est pas tant ce que les hommes font, que ce qu'ils sont. En Jésus-Christ, l'obéissance légaliste ou son absence n'ont pas d'importance particulière ; ce qui compte surtout, c'est d'"être une nouvelle créature". Ce que Dieu désire, par-dessus-tout, c'est que nous soyons vraiment de "nouvelles créatures". Il sait en effet que si nous sommes en règle dans notre être intérieur, nous agirons justement dans nos actions extérieures. Il arrive quelquefois que nous accomplissions ce qui est juste sans être justes nous-mêmes. Il est alors évident qu'une action de ce genre ne possède aucune vitalité et ne compte pas. L'important réside donc dans le caractère. Le faire n'a de valeur que lorsqu'il indique ce que nous sommes vraiment.

Paul était peiné par le comportement des Galates parce qu'ils semblaient avoir perdu de vue cette vérité essentielle que la vie intérieure, la "créature nouvelle", était la seule chose qui comptait. Ils avaient débuté à ce niveau, mais s'étaient retrouvés à un niveau inférieur, étant comme "déchus de la grâce", où la "vétusté de la lettre" était venue remplacer "la nouveauté de l'esprit". "Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la Loi ; vous êtes déchus de la grâce."

Ce passage est le seul, dans tout le Nouveau Testament, où est employée l'expression "déchus de la grâce". Cela signifie que les Galates s'étaient trompés, en pensant que Christ ne suffisait pas pour mener une vie chrétienne droite. Les frères Juifs qui étaient venus parmi eux leur avaient enseigné que Christ seul ne suffisait pas et qu'il fallait obéir aux lois et aux rites.

Ils avaient donc adopté, comme nécessaire au salut, certaines des cérémonies rituelles juives et avaient essayé d'obliger les Gentils à vivre comme les Juifs. Les chrétiens d'aujourd'hui sont surpris par un tel comportement et se demandent comment on peut en arriver à un tel légalisme. Mais ces mêmes chrétiens d'aujourd'hui, n'ont-ils pas affaire à la même tentation quant au légalisme sous une forme différente ? Eux, ils avaient ajouté les lois et les rites. Nous, nous ajoutons des résolutions, des déchirements, des "œuvres chrétiennes", la nécessité d'aller à l'église ou des cérémonies religieuses de tout ordre. Qui vaut mieux entre nous et eux ? Ce que l'on ajoute ne change pas tellement. Le mal vient tout simplement de ce qu'on ajoute quelque chose.

Nous condamnons la religion du Juif, parce qu'elle représente une "frustration de la grâce de Dieu" et fait que Christ "est mort en vain". On y dépend, en effet, des œuvres et des cérémonies extérieures pour obtenir le salut. J'ai bien peur qu'il n'y ait aujourd'hui une grande part de "religion du Juif" dans la religion chrétienne, comme cela était le cas avec les chrétiens de Galatie. Ainsi la grâce de Dieu est tout aussi frustrée par notre légalisme que par le leur, même si le nôtre se manifeste d'une manière différente.

Les contrastes suivants en aideront peut-être certains à faire la différence entre ces deux formes de religion et les aideront également à découvrir où ils sont eux-mêmes esclaves du légalisme :

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Ces deux formes de vie religieuse sont opposées. La religion du légalisme est semblable à un homme qui déciderait d'avoir un verger de pommes et achète des pommes de la qualité désirée. Puis il achète un arbre et attache ensuite les pommes à ses branches. Il acquiert ensuite des racines qu'il attache au tronc de l'arbre et enfin, il se procure un champ dans lequel il plante l'arbre ainsi fabriqué. C'est-à-dire d'abord les fruits, puis les branches, les racines et enfin le champ ; mais la religion de la grâce suit un autre ordre. Elle commence à la racine, puis croît et se transforme ensuite en fleurs et en fruits.

Paul nous dit que la Loi "est notre pédagogue", non notre Sauveur. Il insiste sur le fait qu'elle n'est notre pédagogue que pour nous amener à Christ. Car, dès que la foi en Christ est venue, déclare-t-il, nous ne sommes plus sous un pédagogue. Il se sert ici du contraste entre un serviteur et un fils pour cette illustration. "C'est pourquoi" dit-il "vous n'êtes plus des serviteurs, mais des fils". Il nous supplie ainsi "de demeurer dans la liberté pour laquelle Christ nous affranchis." et de "ne pas nous laisser mettre de nouveau sous le joug de la servitude.

Imaginons une femme qui aurait travaillé comme domestique dans une maison, aurait été payée toutes les semaines pour son travail, sous la loi de son maître auquel elle aurait toujours cherché à plaire ; tout son travail n'aurait été que le fruit du devoir. A la fin, supposons que son maitre lui offre son amour et lui propose de l'élever du rang de servante à celui d'épouse, pour partager son sort. Dès cet instant, l'esprit même dans lequel elle servait n'est plus le même. Elle pourra continuer à faire les mêmes choses qu'auparavant, mais tout sera accompli avec des motivations différentes. Le vieux sens du devoir fait place à l'amour. Le terme froid de "maître" est remplacé par le terme empreint d'amour de "mari". "En ce jour-là... tu m'appelleras : mon mari ! et tu ne m'appelleras plus : mon Baal (mon maître) !"

Imaginez maintenant qu'au bout d'un certain temps, cette épouse commence à penser de nouveau à son humble condition d'origine et se laisse accabler par ces souvenirs, si bien qu'elle se sent indigne d'être l'épouse de son mari, au point qu'elle perd le sentiment intérieur d'être unie à lui. Qui douterait qu'après un peu de temps, le vieux sens du devoir à accomplir pour un salaire ne reprendra le dessus et chassera le sentiment nouveau du travail par amour ? Dans son esprit, l'expression ancienne "mon maître" prendra de nouveau la place du nom "mon mari".

Nous protestons contre la folie d'un tel comportement. Mais n'est-ce pas ce qui arrive aujourd'hui à de nombreux chrétiens ? La servitude du devoir prend le pas sur le service accompli par amour. Dieu devient dans l'esprit des chrétiens un contremaître sévère qui exige notre obéissance, au lieu d'être un Père rempli d'amour, qui la gagne.

Nous savons tous que rien ne détruit une bonne relation comme l'apparition subtile de cet esprit légaliste. Dès qu'un mari et sa femme cessent de se comporter l'un envers l'autre avec un cœur d'amour et d'unité et commencent à agir avec un sens du devoir, la douceur de leur union disparaît, le lien conjugal devient un esclavage et ce qui était auparavant une joie devient un malheur. Cette idée est, je crois, à la racine du concept courant de "la croix à porter" dans la chrétienté. Nous pensons toujours qu'il s'agit d'une chose que nous devons faire, sans l'aimer. C'est pourquoi, nous pensons que l'accomplissement de cette tâche nous vaut quelques mérites auprès de Dieu. Pourtant, nous savons fort bien que nous ne tolérerions pas cela à notre égard. Quelle femme supporterait de la part de son mari le genre de langage que les chrétiens emploient d'habitude lorsqu'ils s'adressent au Seigneur ! Si le mari disait, par exemple, tous les matins, en partant à son travail : "je vais travailler pour toi aujourd'hui, mais j'aimerais que tu saches que c'est une croix très lourde à porter que de faire cela, et je ne sais pas si je réussirai à la porter." Quel mari aimerait entendre de telles paroles dans la bouche de sa femme ? Comment s'étonner maintenant que Paul se soit alarmé, lorsqu'il découvrit qu'un tel danger de légalisme se faufilait dans l'Eglise de Christ ?

Les chrétiens légalistes ne renient pas Christ ; ils essaient simplement de Lui adjoindre quelque chose. Leur idée maitresse c'est : Christ et... quelque chose d'autre. Ce peut être Christ et les bonnes œuvres, ou Christ et les bons sentiments, ou Christ et de bonnes doctrines, ou encore Christ et certains rites religieux. Tout cela est bon en soi s'il s'agit des fruits du salut. Mais si nous ajoutons quoi que ce soit à Christ aussi bonne soit cette chose pour arriver au salut, nous nions qu'Il offre un salut complet et nous nous exaltons. Les hommes sont prêts à endurer de grands sacrifices personnels, plutôt que d'admettre leur impuissance et leur indignité. Nous serions prêts à jouer au Saint-Siméon Stylite ou même au fakir, si c'est l'ego qui le fait et en retire de la gloire. La religion de l'esclavage exalte toujours le "moi". Elle s'occupe de ce que "je" fais ; mes efforts, mes luttes, ma fidélité, mes... mais la religion de la liberté ne donne au "moi" aucune occasion de se glorifier. Tout s'attache à Christ, à ce qu'Il fait, ce qu'Il est et la manière merveilleuse dont Il sauve. L'enfant ne se vante pas de lui, mais de son père et de sa mère. Notre âme peut "se glorifier dans le Seigneur" quand, dans cette vie de liberté, nous avons appris qu'Il est l'unique et le seul à pouvoir nous donner tout ce dont nous avons besoin.

Nous sommes les enfants de Dieu et, par conséquent, Ses héritiers. Ce que nous possédons ne vient pas de ce que nous avons fait, mais de ce que nous avons hérité de notre Père. Chers amis, certains d'entre nous n'agissent pas comme des "héritiers de Dieu" ! Comme nous sommes liés par la pauvreté et comme nous avons dû travailler dur pour acquérir le peu que nous possédons !

Vous montrerez peut-être du doigt les résultats de votre œuvre très légaliste ou de votre ascétisme. Il est vrai qu'ils semblent présenter "une apparence de sagesse et le mépris du corps". Votre vie donne ainsi une impression de droiture, mais je suis convaincue que les bons résultats sont survenus malgré et non à cause de votre légalisme.

J'avais une amie qui vivait une vie chrétienne toute d'esclavage. Elle travaillait pour son salut plus qu'aucun esclave n'a jamais travaillé pour racheter sa liberté. Par exemple, elle s'imaginait que la journée ne pouvait pas bien se passer pour elle-même ou les membres de sa famille, si elle ne la commençait pas par un long moment de lutte, de combat et de conflit. J'appelais cela "rôder la machine". Un jour que nous parlions de ce problème, elle me décrivit la difficulté et l'esclavage que connaissait sa vie chrétienne et me demanda ce que la Bible pouvait signifier lorsqu'elle dit que le joug de Christ est aisé et Son fardeau léger. Je lui expliquais qu'elle avait dû mal comprendre les choses, à un moment quelconque, que la Bible se servait toujours d'images pour illustrer la vérité de notre relation avec Dieu et que ces images ne sous-entendaient pas de luttes et de combats comme ceux qu'elle endurait. "Que penseriez-vous" demandai-je "si vous voyiez des enfants lutter de toutes leurs forces avec leurs parents, tous les matins, pour recevoir la nourriture et le vêtement nécessaires, ou si vous voyiez des bêtes lutter avec leur berger pour qu'il leur assure les soins nécessaires ?" "Bien sûr, je pense que cela serait mal" dit-elle. "Mais alors pourquoi m'arrive-t-il de passer de merveilleux moments après ces combats ?" Cela m'intrigua un instant, puis je lui demandais : "Quelle est la cause de ces sentiments de bien-être en fin de compte ?" Elle répondit : "J'en viens à faire confiance au Seigneur". "Et si vous commenciez par cela ?" lui dis-je. "Oh" répondit-elle avec une illumination soudaine, "je n'y avais jamais pensé jusqu'à présent !"

Christ dit que si nous ne devenons pas comme des petits enfants, nous ne pourrons pas entrer dans le royaume des cieux, mais il est impossible d'avoir un esprit d'enfant si nous n'avons pas d'abord fait disparaître notre mentalité de serviteur. Remarquez bien que j'ai dit l'esprit de serviteur et non l'esprit de service. Tout bon enfant est rempli de l'esprit de service, mais ne doit rien avoir de l'esprit de serviteur. L'enfant sert par amour, le serviteur pour un salaire.

Si l'enfant aimé de ses parents se mettait à penser que ses parents ne lui donneraient nourriture et vêtement que s'il les méritait d'une façon ou d'une autre, toute la douceur de leur relation serait détruite. Je connaissais une petite fille qui en était arrivée à ce point-là et qui faisait du porte-à-porte dans son quartier, afin de trouver quelque travail pour gagner un peu d'argent. Elle espérait ainsi s'acheter quelques vêtements. Les parents de l'enfant en eurent le cœur presque brisé lorsqu'ils s'en aperçurent. Les chrétiens légalistes font de la peine à leur Père céleste - beaucoup plus vite qu'ils ne le pensent - lorsqu'ils permettent à cet esprit de serviteur de se glisser dans leur relation avec Lui. Dès que nous commençons à "travailler pour gagner notre vie" dans le domaine spirituel, nous passons du rôle de fils à celui de serviteur. Nous sommes alors "déchus de la grâce".

La Bible nous raconte l'histoire d'un serviteur qui s'imaginait que son maître était dur. C'est l'esprit de l'esclavage qui nous a inculqué une telle idée. Combien nombreux sont les chrétiens qui ont ployé le cou sous le joug de Christ comme s'il s'agissait d'un joug "d'esclavage" ! Ils ont ensuite lu Sa Parole où Il déclare que Son joug est aisé et ont pensé qu'il s'agissait d'un conte de fée sans se rendre compte que cela devait devenir une réalité dans leur vie. L'idée selon laquelle la vie chrétienne est une sorte d'esclavage est tellement bien ancrée dans l'Eglise, que chaque fois qu'un enfant de Dieu "marche dans la liberté", il pense aussitôt qu'il doit être coupable de quelque chose, parce que plus rien n'est un fardeau pour lui. Une épouse pourrait tout aussi bien penser que son amour pour son mari n'est pas parfait parce que tout ce qu'elle fait pour lui est un plaisir, au lieu d'être une épreuve !

Je pense parfois que le secret de la vie chrétienne que j'essaie de décrire dans ce livre, est révélée par la relation de l'enfant avec son père. Rien d'autre n'est nécessaire, si ce n'est de croire que Dieu est un Père qui est aussi bon que le meilleur père humain et que la relation, existant entre le chrétien et Lui, doit ressembler en tous points à celle qui existe entre un enfant et son père terrestre. Les enfants n'ont nul besoin de garder dans leur poche l'argent nécessaire pour leur subsistance. Si le père a suffisamment, cela les satisfait et il vaut mieux que le père garde cet argent, car l'enfant pourrait bien le perdre. Il n'est pas plus nécessaire pour les chrétiens de garder sur eux toutes leurs possessions spirituelles. Il vaut mieux pour eux que leurs richesses soient emmagasinées en Christ et que, lorsqu'ils ont besoin de quelque chose, ils puissent le recevoir directement de Sa main. "De par Dieu, Jésus-Christ a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption" et sans Lui, nous n'avons rien.

Lorsque des personnes ne se connaissent pas bien, il leur est assez difficile de se faire d'importants cadeaux. Lorsqu'elles sont unies entre elles par un amour véritable et en esprit, alors quelle que soit l'importance des cadeaux, elles peuvent les accepter, sans aucun sentiment d'embarras ou d'obligation.

Ce principe s'applique aussi à la vie spirituelle. Lorsque les chrétiens vivent loin de Dieu, ils ne peuvent recevoir de grands dons de Sa part. Ils se sentent trop indignes et croient qu'ils ne méritent pas de tels dons. Même lorsqu'ils placent les bénédictions sur leurs propres genoux, pour ainsi dire, leur fausse humilité les empêche de les voir et ils ne peuvent en profiter parce qu'ils ne les voient pas.

Mais dès que les chrétiens s'approchent suffisamment du Seigneur pour ressentir l'esprit véritable de l'adoption, ils sont alors prêts à accepter avec plaisir toutes les bénédictions que Dieu a en réserve pour eux et ne pensent jamais qu'une bénédiction est trop généreuse. Ils découvrent alors que Dieu n'a que le vif désir - comme tous les parents - de répandre tous ses dons excellents sur Ses enfants et qu'en fait, toutes choses sont à eux, parce qu'elles appartiennent au Christ et Christ appartient à Dieu.

On entoure parfois d'un grand mystère la vie cachée avec Christ en Dieu, comme s'il s'agissait d'une chose étrange et mystique que les personnes ordinaires ne peuvent pas saisir, mais le contraste existant entre l'esclavage et la liberté explique cela très clairement. Nous devons seulement découvrir que "nous ne sommes plus esclaves mais fils" et que nous devons accepter d'une manière toute pratique les privilèges bénis de cette relation. Tout le monde peut comprendre ce que signifie le fait d'être un petit enfant. Il n'y a

là aucun mystère. Dieu n'a pas utilisé l'image du Père et des Ses enfants sans savoir ce qu'impliquait cette relation. Ceux qui Le connaissent comme leur Père, connaissent l'ensemble du secret. Ils sont héritiers de leur Père et peuvent entrer maintenant en possession de tout ce qui est nécessaire pour la satisfaction de leurs besoins présents. Ils prieront donc avec simplicité : "Seigneur" diront-ils par exemple "je suis ton enfant et j'ai besoin de ceci et de cela". "Mon enfant" répondra-t-Il, "toutes choses sont à toi en Christ, viens prendre ce dont tu as besoin."

Quand les exécuteurs testamentaires sont des personnes honorables, les héritiers d'une propriété n'ont pas besoin de "lutter" pour recevoir l'héritage. Les exécuteurs testamentaires sont désignés, non pour les empêcher d'y avoir accès, mais pour les aider à en prendre possession. J'ai parfois l'impression que les chrétiens considèrent le Seigneur comme une personne désignée pour les empêcher de recevoir leurs possessions et non comme Celui qui est venu les leur apporter. Ils ne se rendent pas compte qu'une telle implication Le peine et Le déshonore.

Si les chrétiens légalistes vivent dans l'esclavage, c'est parce qu'ils ne connaissent pas la vérité de leur relation avec Dieu, qui est celle des enfants avec leur Père et qu'ils ne savent pas ce que leur Père éprouve dans Son cœur pour eux. Dès qu'ils en prennent conscience, l'esprit d'esclavage devient pour eux une impossibilité.

Notre liberté doit donc venir du fait que nous comprenons l'esprit et les pensées de Dieu à notre égard.

Quelles sont les données de cette situation ? S'il ne nous a appelés qu'à une position de serviteurs, les chrétiens qui vivent comme des esclaves fatigués sont donc dans le droit chemin. Mais s'Il nous a appelés à être Ses enfants, Son épouse, quelle tristesse et quelle peine inspirons-nous en demeurant sous le joug de l'esclavage, même si ce joug donne une impression quelconque de piété !

La pensée même de l'esclavage fait horreur à toute relation humaine. Il est certain que cette pensée répugne encore plus à toute relation céleste. Cela n'empêchera pas, bien évidemment, la pauvre âme qui vit dans l'esclavage d'entrer dans le repos céleste, mais cela la placera assurément dans la triste situation de ceux qui sont décrits dans 1 Corinthiens 3 :11-15. Leur œuvre sera consumée et ils subiront une lourde perte, malgré tout ils seront sauvés, comme au travers du feu.

"La Loi n'est pas contre ces choses" déclare le Seigneur au sujet de ceux qui vivent et marchent selon l'Esprit. Dans votre propre expérience, vous retirerez une profonde bénédiction si vous mettez de côté tout effort personnel ou auto-suffisance et acceptez de laisser Christ vivre en vous, opérer en vous et demeurer en vous, pour vous communiquer Sa vie.

L'amour qui vit par la puissance d'une nature intérieure et juste n'est pas sous l'esclavage de la loi extérieure de la justice. Mais celui qui est retenu par la seule loi extérieure sans connaitre la retenue intérieure d'une nature juste, est esclave de la Loi. L'un accomplit la Loi dans son âme et est, par conséquent, libre. L'autre se rebelle contre la Loi dans son âme et est, par conséquent, lié.

J'aimerai tant que chaque enfant de Dieu connaisse la délivrance de l'esclavage que j'ai essayé d'exposer ici !

Permettez-moi, chers lecteurs, de vous supplier de vous livrer entièrement au Seigneur Jésus-Christ afin qu'Il "œuvre en vous selon le bon plaisir de Sa volonté" et, par la loi de l'esprit de vie en Jésus-Christ, vous délivre de toute autre loi qui serait susceptible de vous garder captifs.


(Hannah W. Smith dans Le secret du chrétien pour une vie heureuse)

Source: J-Cl & L B.


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Interprétation spirituelle

Si vous trouvez dans le Livre de l'Apocalypse un événement passé, présent ou futur, il s'agit tout simplement de cas particuliers d'un principe général (*).

Car ce qui se passe dans le monde, ce qui fait l'Histoire, est le reflet du coeur de l'Homme.

Et ce que produit le coeur de l'Homme dépend de l'esprit qui l'anime.

  • On ne peut comprendre ce qui se passe dans le monde, à toute époque et en tout lieu, qu'en comprenant ce qui se passe dans le coeur de l'homme, et on ne peut comprendre ce qui se passe dans l'homme qu'en comprenant ce qui se passe dans le monde spirituel.
     
  • L'interprétation spirituelle est première. Toutes les autres en découlent, parce que tout ce qui se passe sur terre n'est que la conséquence de ce qui se passe dans les coeurs. Or, les conséquences de ce qui se passe dans les coeurs, il y en a des milliers dans l'Histoire.
     
  • Chaque interprétation particulière est probablement correcte à un instant donné, mais anecdotique par rapport à l'espace-temps global, et insignifiante par rapport aux univers de Dieu. La compréhension spirituelle embrasse le tout: elle est par conséquent fondamentale, et, contrairement à ce qu'on pourrait penser, a des implications directes (et non pas de vagues influences).


C'est pourquoi une bonne interprétation de la Bible consiste à la lire spirituellement.


(*) Dans la Bible, "au commencement" est littéralement "dans le Principe" et "éternité" est littéralement "plénitude": c'est toujours plus que du temps, cela se passe dans d'autres dimensions.


Le texte dans son substrat originel

Doit-on traduire le texte de la Bible en gardant sa rugosité d'origine, ou est-il préférable de l'orienter dans un sens conforme à la mentalité des personnes à qui est destinée cette traduction ?

Prenons par exemple le chapitre 1 de l'évangile de Marc :
Presque tous les versets commencent par "et", comme si le narrateur était enthousiaste - presque essoufflé - de raconter son témoignage : n'est-ce pas plus réel, plus vivant ?

Lorsque Jésus parle, c'est au présent : Il nous parle encore aujourd'hui, dans l'éternel présent de Dieu.

Les mots sont forts, rudes parfois : ce sont les personnes de caractère qui s'emparent du Royaume, pas les hésitants.

Lorsqu'on traduit les mots non pas en patois de Canaan, mais en leur donnant leur vrai sens, le texte devient beaucoup plus clair, plus réel, et plus spirituel aussi...